Etudes sur les ‘Infractions Fréquentes’

“A la différence de la vitesse”, nous dit la Déléguée Interministérielle à la Sécurité routière, “l’alcool est un comportement beaucoup plus rare … 1,4% lors des contrôles préventifs … 35% en moyenne lors d’accidents mortels”. Les américains sont moins optimistes, annonçant jusqu’à 53%, comme les Belges, de personnes alcoolisées ou drogués les “nuits d’ivresse” – Périodes du samedi soir, notamment.
Bien, il existe plusieurs études de l’ONISR-INRETS qui nous donnent le nombre de ‘contraventions’ relevées par les services Gendarmerie – Police au fil des jours et des heures.

Pour la vitesse, selon la transmission officielle française indiquée en référence ci-dessus, il apparaît que l’on peut distinguer trois classes sociales en gros.

1- Les très rapides de la semaine, typiquement des hommes d’affaires, gros commerçants, Présidents de Conseil qui roulent dans leur luxueuses berlines à 40 km/h au-dessus de l’affichage. Ces ‘contrevenants’ les plus rapides sont aussi les plus opulents. L’affichage, pour rappel, est sensiblement 20 km/h en dessous de la vitesse généralement constatée ou vitesse moyenne.
2- Les rapides de la semaine, typiquement les cadres et les femmes du monde inactives. Ils/elles circulent entre 30 et moins de 40 km/h au dessus de l’affichage dans leurs voitures de sport ou de fonction. Cette catégorie sociale est aisée, mais moins riche et dotée de véhicules légèrement moins performants.
3- Les fautifs du week-end: Jeunes, ouvriers et sans-emploi, plus rares, le plus souvent sans assurance, avec un véhicule dangereux et pas en ordre, et statistiquement mal placés. Nous reprenons cette étude plus loin. Le graphe suivant montre que ces contrevenants le sont dans le cadre de leur travail, avec un maximum aux heures de ‘bureau’ sauf pause de midi.

En ce qui concerne l’alcool, les 1,4% de contrevenants cites par l’ONISR sont douteux. On relève, en soirée, autant de ‘contrevenants’ que pour la vitesse en semaine. Un graphique valant cent discours, nous ne résistons pas, sur les données ONISR, de montrer que les rapides de la semaine, riches, ne sont pas les buveurs du week-end, moins fortunés. Ce qui explique les radars de la semaine et le peu de contrôles de la période fatale: vendredi après-midi à lundi avant l’aube. On roule vite la journée et on se tue lentement la nuit; ces données sont très opposées (après calcul, coefficient ou  r négatif de… 0,8!

Bref, on place des radars en semaine pour ponctionner des travailleurs non dangereux et des éthylomètres en soirée alors qu’il semble que la relation accident-alcool reste discutable. (voir ce lien).

Etude comparée de la relation Age, Excès de vitesse légale, alcool et Dangerosité de l’usager

Le document ONISR déjà cité nous indique que l’association alcool-conduite est le fait de deux groupes. L’après-midi et les soirées de week-end, ce sont des travailleurs: ouvriers, vendeurs, commerçants de 30 à 55 ans. Un deuxième groupe des nuits de week-end donne les jeunes: étudiants, les ouvriers, les ‘sans emploi’ parfois associés avec défaut d’assurance, et non port de la ceinture ainsi que non assurance.
Le même document donne un tableau des pourcentages d’excès de vitesse constatés par classe d’age ainsi que l’écart avec la vitesse légale affichée.

Bon, soyons plus précis et ajoutons-y la fréquence d’implication dans les accidents mortels en fonction de l’age, simple division du nombre de tués par classes sans tenir compte de la représentation nationale. Voici la table: on y constate que plus un conducteur est aguerri ou âgé et moins il a d’infractions, ce qui augmente le % relatif a l’excès de vitesse légale

Age de l’usager -25 25-35 35-45 45-55 +55
Contraventions Totales% 27 30 19 10 6
Nombre d’Excès vitesse 23 31 23 14 8
Ratio en %/Tout procès 20 24 29 32 33
Dépassement Vitesse km/h 32 31e 29e 27e 25
Fatalité Nationale 180 70 64e 64e 80e

Fatalité: source CEMT – Autres : ONISR. e = estimation

Cette statistique nous montre deux phénomènes: plus on vieillit et plus on ralentit, nous le savions, c’est biologique. Par contre, l’évolution du pourcentage des excès de vitesse au fil des ages témoigne de l’évidence de leur inadaptation: les vieux conducteurs, aguerris, ont 5 fois moins de procès que les jeunes mais, proportionnellement deux fois plus pour excès de vitesse alors qu’ils roulent moins vite! Ces chiffres montrent l’incohérence du système: on devrait rester au même ratio relatif: ces variations montrent qu’une vitesse légale uniforme est en décalage avec la réalité, et, comme elle n’est de toute façon jamais respectée… Supprimons l’affichage et agissons en fonction de la Vitesse Moyenne de Circulation puisque c’est LE facteur de sécurité.

Car, en ce qui concerne les routes à 90 km/h, les plus dangereuses, les statistiques officielles nous donnent une Vitesse Moyenne de 91,5. Cette VMC est variable, liée au profil. Si l’on répartit ces 91,5 en quantièmes, nous avons, en rapport avec la vitesse réellement constatée pour l’ensemble des usagers,  35,2% de rapides (VMC=108 km/h), 22,8 de moyens et 22,4 de lents. Si on se fonde sur l’affichage rigide à 90, alors, nous avons 57,5% de rapides, 13 de moyens et 17,9 de lents.

On voit instantanément que l’affichage est inadapté, les variations par classes sont trop fortes et, surtout, que nous gardons toujours nos 20% de lents qui n’adaptent pas leur vitesse à la réalité, roulant imperturbablement en dessous de 90 km/h quel que soit la route et l’usage de la majorité. Ces 20%, soit 23% après correction, sont à mettre en relation avec les 8/10èmes d’accidents en dessous de la vitesse légale ou moyenne (rapport 3:1). Ce sont les conducteurs à risque. Si nous prenons les rapides plus la moitié des moyens, face à la vitesse légale, nous avons 64, soit 70% pour 2/10èmes (rapport inverse). (M.B. Biecheler, J.F. Peytavin, Fig.5, p.272, ‘Speed Behaviour in France’-INRETS-DERA).