Le criminel du volant

On parle souvent de chauffards, de rage au volant, tout cela ne cadre pas avec l’étude scientifique de la réalité sur le terrain: C’est du sensationnel qui n’apporte rien à la sécurité routière. Pourtant, des études existent.

Des experts indépendants ont examiné le comportement de l’usager moyen. Attention, nous parlons de l’usager moyen, majoritaire. De même qu’il existe des ouvriers au mauvais caractère, des promeneurs qui font le pitre, ces cas sont trop rares que pour refléter les centaines de milliers d’accidents annuels. Ces experts ont cherché à trouver la criminalité volontaire au volant chez des individus sains; mais l’idée reçue d’une population docile devenant brusquement rebelle, haineuse, meurtrière, osons ce mot, dès qu’un moteur tourne est inexacte.

En bref:

    • Les rapports de police n’indiquent pas que l’accidenté soit hilare, tel un criminel heureux de son bon coup, l’usager est en fait choqué, déprimé, consterné.
    • L’étude de la criminalité locale dans les zones à haut taux d’accident – comme l’étude du nombre d’accidents dans les quartiers chauds – ne donne pas de corrélation non plus.
    • L’interrogation directe des usagers qui regagnent leur véhicule, même dirigée, indique qu’ils ne désirent pas tuer en se mettant au volant; cette proposition semble les choquer vivement.
    • Enfin, il n’existe aucune loi condamnant à la prison ferme, voire à vie, un usager aynt eu un nombre anormal d’accidents. Or, si vraiment l’accident trahissait un comportement criminel, cette loi existerait dans tous les pays.
        • Donc, l’argent dépensé dans les campagnes contre le comportement criminel au volant n’est lui aussi que du gaspillage. Il ne peut que donner des mauvaises idées et, surtout, celui qui a un comportement criminel, c’est celui qui monte a 70 km/h sur une autoroute – vitesse moyenne de circulation 130 km/h – ou roule a 30 km/h sur un grand boulevard en ville ou a 65 km/h sur une nationale. Et, si l’on considère les

      véhicules

        impliqués dans les accidents graves et les périodes dangereuses, on constate que, malheureusement, ce sont les petits rouleurs ou les rouleurs occasionnels qui son les plus impliqués, ce qui dément l’idée de ‘fous du volant’ ou autres ‘passionnés de la route’.

Psychologie réelle de l’usager moyen

En vérité, un usager adapte sa conduite en fonction de la perception de son environnement (tracé ou profil routier). Il le fait avec sagesse et une étonnante prudence. On le constate car des pluies, même fortes, ne l’obligent pas à modifier sa VMC habituelle et des averses très importantes associées à des bourrasques de vent ne le conduisent qu’à ralentir de 15 km/h, ce qui donne une idée de sa marge de sécurité. Il a donc instinctivement conscience de la Loi de l’Univers – survivance liée à l’adaptation aux circonstances – et de sa sanction (accident et douleur). Il fait de son mieux pour ne pas enfreindre cette loi et trouve sa vitesse naturelle de conduite.

Sa conduite est encore régie par la Loi de l’Homme. Il adopte une vitesse qu’il estime être socialement acceptable par les autres et la réduit si nécessaire. Cet esprit de lhumain l’emporte sur la loi universelle. C’est, classiquement, le cas d’un conducteur qui ralentit excessivement afin d’éviter un groupe de passants, voire un animal. Notons qu’il peut aller jusqu’au sacrifice, cas du conducteur isolé qui choisi de s’écraser sur un pylône plutôt que de heurter un usager plus fragile.

L’usager est très faiblement influencé par la législation en vigueur. Les dispositions légales ne sont qu’un facteur de plus qui complique sa tâche; il fait le mi-point d’un ensemble de paramètres où la législation n’est qu’un élément non essentiel face à la réalité vécue. Notons à ce propos que le non respect de l’affichage n’est pas toujours volontaire. Le cerveau humain est construit avec un système de filtres qui oblitère les informations considérées comme non essentielles. Lorsqu’un individu quitte son domicile pour rejoindre une nationale, il aura absorbé une quantité impressionnante de panneaux avant de la rejoindre. Si ceux-ci affichent des vitesses fantaisistes ou sont sans importance, inconsciemment, son cerveau aura noté: “faire abstraction des panneaux”..

Toutefois la législation lui donne certains droits et un faux sentiment de protection qui peut effacer l’effet de la loi de l’humanité et réduire l’adaptation à l’Univers. C’est l’apparition du comportement criminel lié aux limitations de vitesse souvent dénoncé par les agents sur le terrain. (Contrairement aux idées reçues, les agents de police, nationale, fédérale ou confédérale, considèrent – citation – “que dans l’ensemble cela se passe bien, il y a bien de temps en temps quelqu’un qui fait une bêtise, mais qui n’en fait pas”.

Équipement urbain : trouver un fabricant de miroirs de circulation en ligne
Accidents de camions et poids lourds en France entre 1995 et 2000