Limitations de vitesse, Affichage et Conduite

On parle beaucoup trop de vitesse alors que la cause des accidents est ailleurs. Même avec des limites volontairement plus basses que la réalité, une étude sérieuse a démontré que ce facteur n’a pas d’effet en soi. L’étude complète est disponible sur le site de Recherche de l’Université du Michigan. Elle démontre qu’aucune variation significative de vitesse vers le haut ou vers le bas ne peut être obtenue par l’affichage ou le non affichage et qu’aucun effet bénéfique ou ‘maléfique’ n’est lié aux limites, à l’affichage ou à la liberté. (Les chercheurs – officiels – en concluent que brimer l’usager n’a aucune raison d’être). Cette étude, en anglais, mais facile a lire, est très sérieuse et très étendue

Toutefois, puisque c’est dans l’air du temps, sachons que les tests montrent que les zones limitées ou les panneaux de limitations de vitesse ne sont jamais respectés, et cela dans aucun pays au monde, qu’ils soient ou non proche de la VMC (vitesse moyenne de circulation).
Harkey (1990) et Le Conseil Européen de la Sécurité des Transports (1995) donnent 70 pour-cents de violation moyenne. La VMC augmentant sans cesse, car les voitures se perfectionnent et les usagers sont de plus en plus expérimentés, le taux actuel d’irrespect (information IBSR non confirmée – 2001) serait passé à 85%.

Bref, le respect n’est plus que le fait du hasard. En fait, un usager se fonde, pour établir sa conduite, sur le PROFIL de la route. La vitesse légale, l’affichage, n’interviennent en rien. Si la voie est volontairement affichée très bas le respect chute. Dès que la différence vitesse affichée ou légale et vitesse réelle ou VMC dépasse 15 km/H le respect chute à 15 puis à 0 pour-cent. C’est valable aussi bien aux USA qu’en France, en Belgique ou en Jordanie!

Les usagers à plus de 90 km/h sur route et 130 km/h sur autoroute sont aujourd’hui plus nombreux qu’en 1972, du temps de la vitesse libre. Des contrôles systématiques effectués par la gendarmerie juste avant l’entrée en vigueur de la limitation avaient indiqué un taux d’à peine 15% de dépassement de vitesse (source: France, Belgique). La VMC, avec les voitures de l’époque, était inférieure à l’actuelle. En 1970, 85% des véhicules de série plafonnaient à 149 km/h et le respect était de 85%. En 1985, 70% des véhicules franchissaient les 149 km/h et le respect chutait à 30%. En l’an 2000, 93% des véhicules dépassent 149 km/h et l’irrespect des limites de 1970 est généralisé. De toute façon, ces limites n’ont pas fait varier d’un pour-cent le nombre d’accidents. Pour avoir les vitesses réelles en France Source: INRETS ONISR, Cliquez ici

Evolution des vitesses moyennes Ville – Grand Axes en France 86 – 98
L’effet de compensation est évident: si on parvient à diminuer la vitesse moyenne de circulation en ville, elle augmente alors sur les grands axes. EN 1992 (50 km/h en ville), ELLE BONDIT DE 7 km/h!Source: données ONISR 1986-1998. Le r (coefficient de corrélation) est très élevé (- 0,784) et indique la dépendance statistique des ces données. Une limitation forte en ville devrait s’accompagner d’une liberté sur les routes à 4 voies.

Enfin, la modification de l’affichage vers le haut ou vers le bas – panneau 50 mis à 60 ou ramené à 40 – n’a strictement aucun effet statistique décelable. Les conducteurs continuent à rouler de façon naturelle, il est humainement impossible de se conformer longtemps à un affichage en décalage avec la réalité (le profil de la route et ses aptitudes).

Pourquoi? Parce que l’on conduit son véhicule comme on marche. Un bon marcheur se déplace à 6 Km/h, un occasionnel à 4 Km/h , un vieillard à 3 Km/h et nous obtenons une VMC sur le trottoir de 4,5 Km/h. Un décret imposant le 4 km/h sur les trottoirs, même assorti d’amendes ou d’embûches pédestres est contraire à la Nature et à la sécurité. Tout ce que l’on obtiendra sera des entorses (aux pieds et au règlement) et c’est ainsi pour la circulation (voir plus loin). Les décrets qui ne tiennent pas compte de la réalité ne sont pas respectés ou sont contournés.

Enfin, sur un trottoir, c’est celui qui s’arrête net pour regarder une vitrine ou celle qui sort d’une boutique sans regarder qui est dangereux(se). Celui qui court pour attraper son bus ou ceux qui jouent a qui arrivera le premier au bureau sont rares et bousculent rarement les autres piétons. C’est idem sur la route!

Plateaux, ralentisseurs et autres aménagements
Les campagnes de Sécurité ?